BLOG de l'assocation "Treillières au Fil du Temps"

Ce blog relate au fil de son actualité, les activités de notre association créée en 2007 à TREILLIERES, commune en pays Haut-Breton située en Loire-Atlantique - FRANCE ainsi que des pages de l'Histoire des habitants et du territoire. Bonne visite !

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12 juillet 2010

Cà y est : il est enfin paru !



1ere couv
Le recueil des textes écrits et confiés à l’occasion du vide-souvenir de 2009 est enfin dans les bacs !
Découvrez les dimanches carillonnés des années 30, 50, 60 ; les dimanches du 21e siècle, les jours de chasse ici et là-bas, les promenades dominicales, les histoires insolites de dimanches ordinaires… Marcel, Pierre, Marie, Anne, Jeanine, Madeleine, Pascale, Jean, Lumya, Loann, Lucas, Luciana,Réginald, Roger, Monique, Elisabeth,Marguerite, Solange, Odile nous emmènent dans leurs souvenirs parfois drôles, parfois tristes mais toujours sincères.

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11 juillet 2010

Les souvenirs du dimanche dans Presse-Océan


Erdre et Gesvres, Presse-Océan jeudi 8 juillet 2010
Des écrivains locaux (1/5). Rencontre avec des habitants qui prennent la plume
départ en promenade dominicale avec un « taxi » dans les années 1930 à Treillières. Photo DR
Les souvenirs du dimanche
Treillières au Fil du Temps publie un recueil de témoignages d'habitants. Reflet de différentes époques.
Le dimanche rythmé par la messe, la chasse, les visites aux malades, devant la télévision... « Lors d'un vide-greniers, en septembre, nous avons fait un vide-souvenirs. Les habitants nous ont apporté un texte préparé, d'autres sont venus nous les raconter », relate Jean Bourgeon, membre de l'association et historien.
Un recueil intitulé C'était un dimanche vient juste de sortir et sera largement diffusé en septembre. « On y retrouve les souvenirs de la civilisation paroissiale avec la messe le dimanche, le repas, les vêpres, toutes les habitudes de la sociabilité villageoise des années trente aux années soixante. Tout change dans les années soixante, l'église perd de sa magistère ».
Tirer des enseignements
Avec ce recueil, l'association n'affirme pas publier « une étude de sociologie ». Mais les différents témoignages de Treilliérains ou d'habitants ayant un lien avec la commune donnent un aperçu clair des profonds changements du dimanche. « Nous avons aussi des témoignages d'enfants d'une dizaine d'années qui montrent l'évolution. On peut en tirer des enseignements ». En effet, ces derniers évoquent plus boissons gazeuses et télévision... alors que Madeleine, par exemple, n'avait pas les mêmes occupations : « Mes dimanches se ressemblaient tous. Je devais assister aux offices religieux afin de préparer aux mieux mes sacrements », explique-t-elle. Ou encore Élisabeth : « Le dimanche n'était pas un jour ordinaire. Notre petit bourg s'animait. C'était jour de fête... au moins pour nous les enfants du boulanger. Tout le monde mettait ses habits du dimanche [...] Maman ne vendait pas de chewing-gum car elle ne voulait pas que nous en mangions ». Le lecteur s'évade aussi avec des habitants ayant relaté leurs souvenirs de chasse en Algérie à Oran. Ou en Italie. Une lecture faisant venir ses propres souvenirs.
Caroline Tréman caroline.treman@presse-ocean.com
Vente
Recueil au prix de sept euros en vente dans les offices de tourisme de Nort-sur-Erdre et Sucé-sur-Erdre, au Super U de Treillières et par bon de l'association www.treillieresaufildutemps.blogspot.com
Association
L'association souhaite mettre en valeur le patrimoine, notamment le petit patrimoine, le patois, les chansons. Un autre livre a été publié sur la guerre 14-18 et les Treilliérains.

24 septembre 2009

20 septembre 2009

Madeleine recueille les souvenirs

002Samedi 19 septembre, nous nous sommes à nouveau retrouvés pour récolter encore plus de souvenirs afin de stocker la mémoire des habitants ou ex-habitants de Treillières. De nombreuses personnes ont accepté de se prêter au jeu  avec la complicité de Madeleine, notre super “confesseur” ! Attentive, respectueuse des secrets confiés, elle a su capter les mots pour en faire un récit amusant, parfois poignant.

Merci à tous ceux et celles qui ont partagé un moment de leur vie avec notre association.

Pour les personnes résidant ou ayant résidé à Treillières, et qui auraient envie de laisser un témoignage, n’hésitez pas, envoyez-nous un message sur le mail de notre association : treillieresaufildutemps@gmail.com

Nous allons tenté maintenant de vous restituer au mieux vos paroles par un spectacle à la hauteur de tous ces secrets…  Rappelons que tout ce qui a été dit ne sera exploité qu’avec votre accord, bien entendu.

19 septembre 2009

Bibliothèque : le vide-souvenirs se poursuit

 

Journal Ouest-France du 18/09/2009
Edition : Nantes Nord-Loire - Rubrique : Treillières

 

 

 

Pascale Dubosq, secrétaire de Treillières au fil du temps et Jean Bourgeon, historien, ont recueilli les souvenirs.

« Quels souvenirs gardez-vous d'un dimanche ordinaire ? » Dimanche dernier, les membres de l'association Treillières au fil du temps ont commencé à collecter auprès de la population les souvenirs des uns et des autres sur ce thème. Le vide-souvenirs est gratuit et ouvert à tous, quels que soient l'origine géographique et l'âge. Une deuxième collecte aura lieu samedi dans le cadre du vide-greniers de la bibliothèque.

Partenaire de l'animation, la bibliothèque propose par ailleurs des ateliers d'écriture. Ouverts à tous (sur inscription : tél. 02 40 94 61 76), gratuits et encadrés par des professionnels, ces ateliers aideront les participants à trouver les bons mots pour mettre en forme leur récit.

Christine Bloyet, écrivain nantaise, animera un atelier pour adolescents et adultes, les samedis 19 et 26 septembre, de 14 h à 16 h. Pour sa part, Marie-Isabelle Jondot animera un atelier pour les enfants de 8 à 12 ans mercredi 30 septembre, de 14 h 30 à 15 h 30.

Samedi 19 septembre, de 10 h 30 à 12 h et de 14 h à 17 h, à la bibliothèque municipale À tout lire, place de la Liberté. Tél. : 02 40 94 63 97 ou 02 40 94 69 88. Courriel : treillieresaufildutemps@gmail.com

Le site www.treillieresaufildutemps.blogspot.com permet de consulter des exemples déjà recueillis par l'association.

photo : Pascale Dubosq, secrétaire de Treillières au fil du temps et Jean Bourgeon, historien, ont recueilli les souvenirs.

16 septembre 2009

Exclusif : la vidéo d’un dimanche à la chasse par l’auteur lui-même !

 

Séquence rire,  dimanche lors du Vide-Souvenir.  Marcel, notre adhérent chasseur a lu en direct son poème sur sa chasse au renard (voir texte sur ce blog) devant un public attentif ! Ecoutez-le en cliquant sur la vidéo après avoir désactivé la musique (lien à gauche de la page).

14 septembre 2009

Premières photos du Vide-Souvenir

 

Madeleine,Marthe,HuguetteNos aimables enquêtrices…

 

 

 

 

 

Marcel lit son souvenir d’un dimanche à la chasse à un des plus anciens chasseurs de la commune : Le père Bazin.Marcel et Mr Bazin un dimanche à la chasse 

 

 

 

 

 

trop marrant la chasse

vide-souvenir

 

 

 

 

 

010Paul raconte ses histoires locales au public attentif…

Odette et Marie-Thérèse ont retrouvé leur copine 015d’enfance grâce à ce blog !

 

 

 

 

  Prochain rendez-vous samedi prochain à la Bibliothèque de Treillières à l’occasion des Portes Ouvertes “A tout lire”.

9 septembre 2009

Partageons nos souvenirs d'un dimanche ordinaire !

Journal Ouest-France du 09/09/2009
Edition : Nantes Nord-Loire - Rubrique : Treillières

 

Trois questions à...

Jean Bourgeon, historien, membre de l'association Treillières au fil du temps et initiateur de l'animation Vide-souvenirs du dimanche 13 septembre sur le thème « C'était un dimanche... ».

Pourquoi un vide-souvenirs ? À quoi ça peut servir ?

Chaque être humain est unique. Nous avons tous, sur un même sujet, un vécu différent, des souvenirs qui varient selon la sensibilité de chacun. Pourquoi ne pas les échanger ? Cela permet de mieux se comprendre, de mieux vivre ensemble. Dans un vide-greniers, on vend des objets, vieux compagnons de route, dans l'espoir d'en tirer quelques sous. Vidons ensemble nos souvenirs pour s'enrichir mutuellement de l'expérience de l'autre !

Quelle suite comptez-vous lui donner ?

Avec la Bibliothèque municipale, qui est notre partenaire sur ce projet, on envisage plusieurs actions : une publication des témoignages (avec l'accord des déposants), des veillées, dans la période de Noël, où l'on alternera des lectures de souvenirs avec des chants interprétés par la chorale de « Treillières au Fil du Temps » et quelques aperçus du patois et des surnoms en usage à Treillières autrefois. En plus de créer du lien social, l'objectif est aussi d'accumuler, à travers les témoignages, des matériaux pour les historiens.

Faut-il être de Treillières ou avoir vécu à Treillières ? Y-a-t-il un âge pour y participer ?

Le vide-souvenirs est ouvert à toute personne vivant ou ayant vécu à Treillières, quelle que soit son origine géographique et son âge. L'intérêt est de croiser les regards sur le thème retenu. Vu la diversité des Treilliérains, on peut avoir des témoignages sur un dimanche vécu, par des personnes du même âge, à Treillières, à Nantes, en Auvergne, en Italie, en Espagne au Maroc ou ailleurs. Un écolier d'aujourd'hui peut avoir envie de raconter un dimanche passé à Treillières (que l'on pourra comparer avec un témoignage d'un écolier des années 1950) ou un autre dimanche qui l'a marqué pendant un séjour en montagne, à la mer ou à l'étranger. C'est un vide-souvenirs sans frontière, où l'on accepte aussi le sans-papiers. Si le témoignage peut être présenté sous une forme écrite, il peut aussi s'agir de photos (avec légende explicative), de petites vidéo, d'extraits de film 8 mm, de dessins et peintures...

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Vide-souvenirs : mode d'emploi

Organisé par l'association Treillières au fil du temps, le vide-souvenirs est gratuit et ouvert à tous.

Deux « collectes ». Dimanche 13 septembre, de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h, salle du Pétanque-club (en face la mairie), rue des sports, dans le cadre du vide-greniers de Treillières-Brocante. Samedi 19 septembre, de 10 h 30 à 12 h et de 14 h à 17 h, bibliothèque municipale « À tout lire », place de la Liberté, dans le cadre du vide-greniers de la bibliothèque.

Deux ateliers. Partenaire de l'animation, la bibliothèque municipale « À tout lire » propose des ateliers d'écriture. Ouverts à tous (sur inscription : tél. 02 40 94 61 76), gratuits et encadrés par des professionnels, ces ateliers aideront les participants à trouver les bons mots pour mettre en forme leur récit. Christine Bloyet, écrivain nantaise, animera un atelier pour adolescents et adultes, les samedis 19 et 26 septembre, de 14 h à 16 h. Pour sa part, Marie-Isabelle Jondot animera un atelier pour les enfants de 8 à 12 ans, le mercredi 30 septembre, de 14 h 30 à 15 h 30.

Contact. Tél. 02 40 94 63 97, 02 40 94 69 88, treillieresaufildutemps@gmail.com, www.treillieresaufildutemps.blogspot.com (où il est possible de consulter des exemples déjà recueillis par l'association).

Photo : Jean Bourgeon, historien et initiateur du premier « Vide-souvenirs » de l'association Treillières au fil du temps.

28 mai 2009

Le vide-souvenir se précise...

Journal Ouest-France du 27/05/2009 Edition : Nantes Nord - Rubrique : Treillières

« C'était un dimanche... » : le vide-souvenirs se précise
Avec les beaux jours, les vide-greniers refleurissent dans nos communes. Pourquoi n'organiserait-on pas un vide-souvenirs, s'est demandé l'association Treillières au fil du temps (TAFDT) ? L'objectif étant d'inviter la population (toutes origines et toutes classes d'âge confondues), à témoigner sur un aspect de sa vie, afin d'accumuler de la matière première historique, mais aussi de créer des occasions de rencontres et d'échanges. Le thème retenu pour un premier exercice : « Racontez un souvenir lié à un dimanche, comme les autres » (hors grandes fêtes religieuses). L'opération se déroulera en plusieurs épisodes et en partenariat avec la bibliothèque municipale À tout lire.

Dépôt des souvenirs. Les habitants sont invités à venir déposer leurs souvenirs auprès de l'équipe de TAFDT : dimanche 13 septembre, salle de la Pétanque, rue des Sports, de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h, dans le cadre du vide-greniers de « Treillières brocante », ou samedi 19 septembre, à la bibliothèque, place de la Liberté, de 10 h 30 à 12 h et de 14 h à 17 h, à l'occasion du vide-greniers de la bibliothèque. Une équipe de la bibliothèque sera présente pour recueillir les témoignages.

Journée d'information. L'équipe de TAFDT se fera un plaisir de répondre aux interrogations des personnes qui désirent en savoir plus sur cette animation vide-souvenirs, le dimanche 21 juin, de 10 h 30 à 12 h, à la bibliothèque municipale.

Modes d'expression. Les témoignages pourront être exprimés de multiples façons : par l'écrit (deux pages maximum), par le son (témoignage de 5 minutes préenregistré ou enregistré avec les organisateurs) et par l'image (1 ou 2 photos numérisées sur place, une vidéo de 3 minutes maximum sur clef USB, des extraits de film 8 mm, un dessin ou une peinture). Les vidéos et films originaux seront numérisés et restitués dans la journée.

Restitution. En fin d'année 2009, plusieurs événements festifs seront l'occasion de restituer les souvenirs déposés : veillées chez l'habitant, manifestations de rue lors du marché de Noël...

Contact. D'ores et déjà, chacun est invité à réfléchir aux souvenirs qu'il pourrait confier et à prendre contact avec l'association Treillières au fil du temps : treillieresaufildutemps@gmail.com ; tél. (Pascale) 02 40 94 69 88 ou 06 82 86 17 00 ; blog : www.treillieresaufildutemps.blogspot.com

11 mars 2009

A vos souvenirs...

Journal Ouest-France du 11/03/2009 Edition : Nantes Nord - Rubrique : Treillières

"Treillières au fil du temps" veut organiser un « vide-souvenir »
Nos souvenirs intéressent "Treillières, au fil du temps" ! Après une première année très occupée, l'association entend bien sûr poursuivre les actions entreprises : publications sur « Les Poilus treilliérains de 14-18 » ainsi que l'histoire de la gare et de l'ancienne voie ferrée, chorale de chants anciens, inventaire et restauration du petit patrimoine construit, recherches sur les surnoms et le parler local...

Mais l'association projette également d'organiser un original « vide-souvenir ». L'objectif est d'inviter la population (toutes origines et toutes classes d'âge confondues) à témoigner sur un aspect de sa vie, « afin d'accumuler de la matière première historique, mais aussi de créer des occasions de rencontres et d'échanges. »

Ce « vide-souvenir » se déroulerait en deux temps : une première journée - par exemple à l'occasion du vide-greniers de septembre - pendant laquelle les gens viennent déposer leurs souvenirs à l'équipe de "Treillières, au fil du temps" ; une deuxième journée consacrée à la restitution publique des souvenirs déposés dans le cadre d'une animation festive, par exemple au moment de Noël.

En cette époque où le repos dominical est remis en cause, le premier sujet proposé sera « Racontez un souvenir lié à un dimanche ordinaire. » Les témoignages pourront être exprimés de multiples façons : par l'écrit, le son ou l'image. De plus amples précisions seront fournies quand "Treillières au fil du temps" aura finalisé son projet. Mais d'ores et déjà, chacun est invité à réfléchir aux souvenirs qu'il pourrait confier.

11 janvier 2009

Souvenirs de la Poste de Gesvres...

Nous avons reçu ces messages de Réginald qui venait en vacances chez ses grands-parents à la Poste de Gesvres à Treillières. Emouvant !

"Je pense me souvenir, comme si c'était hier, du café Jahan. Il me semble bien que les cars Drouin se prenaient à proximité, et j'ai souvent, étant enfant, arpenté par tous les temps la voie bordant la route de Rennes, qui me menait de la fameuse côte de Gesvres à cet arrêt de car, dit "La Poste de Gesvres". Je revois mon tendre Grand-Père attablé devant une chopine de vin, les clients du village autour, les paroles diffusent et le bruit de ce lieu de détente et de convivialité. Je revois le comptoir sur la gauche, et même l'arrière salle, la cuisine, où le téléphone me permettait, à de trop rares moments, d'entendre la voix de ma maman trop souvent absente..... Ah, je revois la salle annexe du fameux jeu de boule typique, en terre battue aux bords relevés, l'odeur encore présente dans mon esprit, ces dimanches d'été où mon oncle y jouait....Le "ptit chemin" qui passait par derrière, longeant la nationale en passant par "Chez Claire", l'éternelle épicière qui vendait de tout dans ce bric à brac au plancher ciré craquant..... Vous me corrigerez si je me trompe...! Le Maréchal ferrant, Marcel Hubert.....La Belle Étoile, le café restaurant banquet, plus haut.....Chez Hardy, au bourg, Marie Basile, l'épicière.....Le bureau de tabac où j'y ai acheté mes premières clopes, en cachette..!!

Mon merveilleux Grand-Père, un "ptit" bonhomme à l'allure bien commune, prénommé Henri, alias Riquet qui, je l'ai appris bien des années plus tard, avait pour ainsi dire laissé faire la vie et son entreprise de maçonnerie / couvreur, suite à la mort tragique de son seul fils Henri, dit "Riri", tué accidentellement en moto au pied du calvaire situé à quelques centaines de mètres de chez ses parents où il habitait une chambre située près de la grange en haut de la côte de Gesvres. Cette grange et ses dépendances laissées à l'abandon après ce drame, elle servit plus tard, il me semble (sans certitude) à garer la 2CV du facteur. J'entends encore le puissant bruit des moteurs de camion, arrivant avec difficulté au sommet de cette fameuse côte, démultipliant leurs vitesses pour ne pas caler, ils faisaient vibrer les vitres de notre petite "bicoque". Et dans l'autre sens, les voitures rapides qui frôlaient à vive allure l'herbe près de la petite murette de pierre où je passais des heures, des jours, replié sur moi-même à attendre que ma maman ou mon papa viennent me voir....! Il fallait aller chercher l'eau au puits situé dans la cour de la grange en traversant cette route nationale très empruntée; je me demande comment mon frère et moi, ne nous sommes jamais faits faucher comme des escargots, par un conducteur en goguette. Chaque traversée représentait une bravoure, et une fois arrivé à l'autre bord, au puits, un sentiment mêlé de peur, d'interdit et de fierté me traversait le corps et l'esprit...mais il me faudrait faire la traversée en sens inverse, et muni de deux seaux pleins, rien n'était gagné d'avance malgré une visibilité plus dégagée sur le retour...

Mon cher et tendre Grand-Père, Henri Frangeul, pour qui j'ai gardé un immense respect mêlé de dignité, de sensibilité et de sagesse. Je le revois là, bien présent, dans cette maisonnette de deux petites pièces minuscules flanquées de cheminées, coupant les cheveux de quelques conscrits et, une fois par mois, le privilège de recevoir Monsieur le Curé pour lui faire une coupe en brosse de précision sur sa toison poivre et sel ! Quand ce n'était pas "Riquet le coiffeur", c'était "Riquet le magnétiseur" qui apaisait les brûlures, guérissait les petits bobos, donnait la tension ou encore devinait le sexe des bébés des mamans enceintes. Sacré Grand-Père, il avait aussi, je crois, dans sa jeunesse, animé les fêtes du bourg en jouant le clown sur les planches.... Il est parti trop tôt, fatigué par les drames de la vie, et usé prématurément par un violent accident de voiture sordide occasionné par un ami, venu le débaucher un soir d'été où tout était si calme, trop clame peut-être. Suite à cet accident où, après être mort cliniquement, il revint à lui, le corps en lambeau et le visage balafré, la vie devint sûrement encore plus monochrome... Pour seule consolation, l'acquisition d'un des tous premiers postes de télévision du village, en noir et blanc, acheté avec les quelques francs versés par la compagnie d'assurance pour seul dédommagement. Le sourire si merveilleux de mon Grand-Père qui autrefois illuminait son visage et ses yeux, avait laissé place à un demi masque quasi rigide et sans expression. Je me souviens, encore enfant, assis juste en face de lui pour manger, du bruit de sa soupe happée plus que de normal à cause de sa mâchoire devenue insensible. L'oeil gauche diminué par les cicatrices laissait parfois poindre une larme qui ruisselait doucement sur sa joue à son insu. Des séquelles encore présentes en étaient-elles la cause? Était-ce la souffrance d'une blessure encore présente dans son coeur, jamais refermée? Sûrement un peu des deux.

La condition humaine est parfois ainsi faite qu'elle ne nous laisse pas le choix de devoir trouver notre part de bonheur en quelque condition quelle qu'elle soit. Alors, certains soirs, après un repas frugal de soupe au pain ou de pommes de terre au lait de beurre de la Bâclais, cette nouvelle venue, cette boîte à images, remplaçait les contes d'antan de notre "Père" devenu plus silencieux. Grand-Mère et mon frère, tous les quatre assis là près du feu, fascinés par cette mystérieuse machine qui nous importait d'un autre monde, un peu de rires, de petits bouts de bonheur en dégustant une tablette de chocolat au lait et noisettes achetée chez Claire Garin juste avant la fermeture, à la tombée de la nuit...."