BLOG de l'assocation "Treillières au Fil du Temps"

Ce blog relate au fil de son actualité, les activités de notre association créée en 2007 à TREILLIERES, commune en pays Haut-Breton située en Loire-Atlantique - FRANCE ainsi que des pages de l'Histoire des habitants et du territoire. Bonne visite !

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17 juin 2013

Journées du patrimoine de juin 2013

 

Le stand de TAFDT à la sellerie

Joseph Philippe, notre tonnelierSamedi 15 juin, notre association a ouvert au public la Sellerie, petit bâtiment communal rénové au carrefour de la Poste de Gesvres.

Ce fut l’occasion d’admirer les tonneaux réhabilités par Joseph Philippe. Rien ne manque, même le verre sur la barrique pour rappeler aux habitants que ce local a servi de “centre d’information et de bien-être ainsi que de lieu de socialisation” comme il est indiqué dans le numéro 32 de Tiez-Breiz.

les visiteurs sont conquisJacky, professeur des écoles et membre de l’association a expliqué la démarche pédagogique aux visiteurs en s’appuyant sur le diaporama de cette belle aventure intergénérationnelle.

 

 

tiez breiz page couvUn superbe article de huit pages, en deux parties est consacré à la rénovation de la Sellerie à Treillières dans la revue de TIEZ-BREIZ n° 32.

Partie 1 :  le chantier

  • Projet
  • Histoire
  • Bâtiment
  • Restauration
  • Travaux.

Partie 2 : Histoire de Gesvres et volet pédagogique

  • Histoire : près de la Sellerie, le relais de Poste Poste de Gesvres
  • La sellerie : témoin du divorce entre le village et la ville
  • Restauration de l’annexe de la forge de Treillières : le volet pédagogique.

N’hésitez pas à vous la procurer auprès de notre association : treillieresaufildutemps@gmail.com. au prix de 12.00 €

 

22 novembre 2012

Jacky Chevalier interviewé par Presse-Océan

 

jacky

La Sellerie, un marqueur du patrimoine local - Treillières

 

Ouest-France / Pays de la Loire / Nantes / Treillières / Archives du jeudi 22-11-2012

 

jeudi 22 novembre 2012
Un tout petit bâtiment, au fond à gauche, un bagad d'Orvault et un attelage treilliérain, l'inauguration de la Sellerie aura été marquée par une manifestation réussie.

Lundi prochain, le conseil municipal officialisera le nom de la dépendance de l'ancienne forge de la Poste-de-Gesvres restaurée au cours de l'été par l'association Treillières au fil du temps (TAFDT), en partenariat avec la commune et l'association Tiez-Breiz.

Elle s'appellera dorénavant la Sellerie, en référence à un document daté de 1763 (Ouest-France du vendredi 16 novembre).

Alain Royer, maire, et les partenaires engagés dans cette rénovation ont procédé le week-end dernier à une inauguration festive, digne de ce qui est devenu désormais un marqueur du patrimoine local. Jacques Blouin, président de Tiez-Breiz a salué « une démarche exemplaire ».

Chants avec le groupe de TAFDT, ambiance musicale assurée par le bagad d'Orvault (Bagad Orvez), lecture de textes avec les élèves de l'école Alexandre-Vincent associés au chantier, défilé derrière un attelage à l'ancienne conduit par Damien Clouet : la fête s'est poursuivie en mairie autour d'une exposition et du verre de l'amitié.

La Sellertie, que d'aucuns promettaient à la destruction il y a encore quelques mois, est peut-être à l'origine d'une prise de conscience collective de la nécessité de préserver le petit patrimoine treilliérain.

Dès samedi prochain, Treillières au fil du temps sera aux côtés de particuliers sur le chantier de restauration de la boulangerie-four de la Louinière (treillieresaufildutemps.blogspot.com)

La Sellerie : un petit bâtiment riche d'une longue histoire - Treillières

Ouest-France / Pays de la Loire / Nantes / Treillières / Archives du vendredi 16-11-2012

 

vendredi 16 novembre 2012
Autour des associations Treillières au fil du temps et Tiez-Breiz, de nombreux bénévoles ont restauré la Sellerie.

Ce petit bâtiment au carrefour de la Poste de Gesvres était en piteux état. Fallait-il le garder ? Oui, ont répondu en choeur la municipalité, alors dirigée par Émile Savary, maire décédé, et l'association Treillières au fil du temps (TAFDT). La restauration de la Sellerie sera inaugurée ce samedi 17 novembre.

Un élément du patrimoine

Le petit édifice d'une dizaine de m 2 est un des plus vieux éléments du patrimoine de pays que la commune possède. Il témoigne notamment d'un mode de construction ancestral. « Cette annexe de l'ancienne forge d'apparence anodine présente dans sa partie basse toutes les caractéristiques d'un bâtiment ancien de type architectural propre à notre région », explique Jean Bourgeon, historien et animateur de TAFDT. La technique utilisée, très présente dans le bassin rennais et sur la route qui relie les deux grandes villes bretonnes, repose sur l'utilisation de la bauge. Une embase de pierres de granit sert de support à une partie haute en argile dont le constituant est renforcé par des végétaux. « Les rares éléments en bauge qui subsistent dans la région datent majoritairement des XVIII e et XIX e siècles. »

Une longue histoire

La création à cet endroit d'une sellerie - artisan fabriquant notamment des selles pour les chevaux - est attestée par un document datant de 1763. L'activité était probablement en relation avec la création d'un relais de poste sur cette route de Nantes à Rennes. La sellerie deviendra auberge, puis forge avec maréchal-ferrant, jusqu'à ce que cette activité cesse au cours des années 1980. Le bâtiment principal a été réaménagé à plusieurs reprises. Il est aujourd'hui reconverti en logements. Seule la petite annexe semble avoir gardé son architecture d'origine...

Collaboration intergénérationnelle

Coordonné par Serge Libot, le chantier de restauration fut engagé au printemps dernier. TAFDT et la commune ont fait appel à Tiez-Breiz. L'association, spécialiste de la restauration du patrimoine breton, a guidé les bénévoles tout au long des travaux.

« C'est une opération exemplaire en tous points », souligne Loïc Bonnet, président de TAFDT. « Au sein de l'école Alexandre-Vincent, les élèves de la classe de CM1 de Jacky Chevalier ont été associés, en réalisant des adobes (briques en terre), puis en participant à la finition des murs. »

Cette collaboration intergénérationnelle n'est pas un des moindres intérêts de l'opération.

12 novembre 2012

Le grand jour pour la Sellerie

 

Samedi 17 novembre à 11 h 00,  c’est le grand jour pour la dépendance de l’ancienne forge : la SELLERIE.

Au programme :

- lecture des textes des enfants de l’école Alexandre Vincent qui ont participé à la rénovation

- Prestation de la chorale “Chantons au Fil du Temps”

- Bagad d’Orvault…

 

Venez nombreux !

 

image

6 mars 2012

A La Poste de Gesvres : un relais et sa forge

 

Le relais de Poste
A Treillières, La Poste de Gesvres est un lieu-dit situé à l’intersection de la route de Nantes à Rennes avec celle de Sucé à Vigneux. Ce nom vient d’un relais de Poste construit là (le bâtiment existe toujours), que les documents fiscaux mentionnent pour la première fois en 1741. Quatre ans plus tôt, en 1737, la route royale de Nantes à Rennes avait été « mise en Poste ». Vers 1803, le relais fut transféré en haut de la côte de Gesvres (actuel restaurant du Moulin blanc).
relais GesvresLe relais de Poste construit vers 1740 (photo 1985)
Les relais de Poste étaient établis toutes les 7 lieues (28 km) au 17e siècle (d’où les bottes de sept lieues des contes) puis toutes les 4 lieues au 18e siècle. Mis en place pour le relais et le repos des chevaux et de leurs cavaliers chargés de l’acheminement du courrier, ils accueillaient aussi les diligences et leurs voyageurs.
Chaque relais de Poste est dirigé par un Maître de Poste, responsable de la bonne marche du service à lui confié «de la part du Roy». Cela ne va pas sans poser problème car les liaisons entre Nantes et Rennes sont difficiles, irrégulières et longues (14 heures pour les voyageurs au 19e siècle et 6 jours pour les marchandises lourdes).
Après la pénible ascension de la côte de Gesvres, le relais de Poste offre un repos mérité aux hommes et aux chevaux. C’est un bâtiment massif, partagé entre le logement du Maître de Poste, l’auberge, et l’écurie, que surmontent d’immenses greniers contenant le fourrage nécessaire à la consommation des chevaux. Ceux-ci sont au nombre de 11 en 1791 : «Jupiter» de couleur noire âgé de 11 ans , «Le Dormeur» de couleur marron âgé de 8 ans, «Cadet» de couleur noire âgé de 6 ans, «La Biche» de couleur noire âgé de 6 ans, « La grosse grise » âgée de 10 ans, « La petite grise » âgée de 8 ans, « La grande jument noire » âgée de 6 ans, «Rondouin» de couleur marron âgé de 6 ans, «Babet» de couleur marron âgé de 8 ans, «Gringalet» de couleur marron âgé de 9 ans, «La Souris» de couleur grise âgé de 4 ans.
Avec ses écuries, retentissant nuit et jour du piaffement et des hennissements des chevaux, avec ses odeurs de cuir, de fer rougi, de fumier, et le pénétrant parfum du foin, le relais de Poste est un rendez-vous pittoresque. Chaque arrivée de diligence y provoque une brutale montée de tension ; cris des postillons dételant les chevaux pour les conduire à l’abreuvoir ; coups de marteau du maréchal ferrant réajustant un fer malmené par les pavés ; énervement des voyageurs s’engouffrant dans l’auberge pour y désaltérer leurs gosiers asséchés par la poussière du chemin ; ruades impatientes du nouvel attelage... Puis la diligence repart dans le claquement des fouets, laissant le relais à ses odeurs et à ses bruits habituels.
Le premier Maître de Poste connu est Guillaume Danguy, ou Tanguy (1742). Il quitte Treillières vers 1749. Son remplaçant est Jean Vincent, premier représentant à Treillières d’une famille importante qui tiendra la Poste jusqu’à la suppression officielle de la diligence (remplacée par le «Courrier d’Héric»), et qui donnera trois maires à la commune entre 1791 et 1890.
Le relais de Poste construit à Gesvres vers 1740 est perdu dans une lande déserte, seul édifice au bord de la route entre La Ménardais et La Sablonnais. La maison du bourg la plus proche est la ferme de La Gîte. Cette solitude s’explique par le déplacement du tracé du « Grand chemin » (ainsi désignait-on les grandes routes avant la Révolution) de Nantes à Rennes à la fin du 17e siècle. Celui-ci venant du moulin des Landes, passait au champ de foire et devant la métairie de la Gîte, descendait au château de Gesvres dont il traversait les deux cours et remontait le coteau vers les Dons pour rejoindre l’ancienne voie romaine de Nantes à Blain aux Brillats. La descente sur le Gesvres était particulièrement dangereuse. En 1660, le messager de Rennes se plaint qu’il ne peut plus faire Rennes-Nantes et retour en quatre jours à cause du mauvais état du chemin, surtout «à cause d’un endroit très dangereux qui est au delà du bourg de Treillières près la maison de Gesvres ou le dit suppliant se trouve souvent en danger d’y perdre ses chevaux...». Le seigneur de Gesvres, César de Renouard (1609 – 1675), qui souhaite goûter le repos dans son manoir fraîchement reconstruit (1653), profite de l’occasion pour proposer un nouveau tracé plus droit, plus court, plus commode, et surtout plus éloigné de sa demeure, allant de la Ménardais à la Poste de Gesvres… notre actuelle D 537.
La forge et son annexe
Le bâtiment de la forge avant sa réhabilitation
le bâtiment de la force après la réhabilitation
Le relais de Poste de Gesvres reste le seul gardien du « grand chemin » jusqu’en 1762 quand un maréchal ferrant décide d’installer son atelier en face du relais de Poste pour proposer ses services aux chevaux mal ferrés et entretenir leur harnachement ; il construit une maison dite alors de « La Sellerie » mais plus connue sous le nom de « La Forge » fonction qu’elle conservera jusqu’à la mort de son dernier forgeron, Marcel Hubert, en 1977. Le bâtiment, a été récemment réhabilité et transformé en logements sociaux.
L'annexe de l'ancienne forge en 2012
Seul survivant de ce passé forgeron un petit édifice annexe maltraité par les ans et méprisé par les passants dépérit lentement au bord de la route. Il a gardé toutes les caractéristiques de l’architecture de son époque celle de la maison en terre que l’on retrouve beaucoup dans le bassin rennais : embase du mur en pierres de granit sur une hauteur variable, puis partie haute des murs en terre.
Malgré les outrages du temps et surtout ceux des hommes qui sans pitié lui accolent antenne, poteau électrique… il témoigne de ce que fut l’architecture rurale de la commune jusqu’à la fin du 19e siècle.

Ancienne carrière de granit à La Ménardais



Issues du sol, les maisons nous parlent de la terre et des hommes qui les ont construites. Treillières a la chance d’être traversée par un filon de granulite et, de La Ménardais à La Loeuf, des générations de carriers ont extrait la pierre nécessaire aux constructions.
Les riches métairies et les demeures des plus fortunés du bourg sont toutes de pierre ; seuls les bâtiments à vocation agricole utilisent plus ou moins la terre. Mais dans les villages les paysans aux revenus plus modestes optent pour des constructions minimalistes et empiriques. Architectes et maçons, le savoir-faire se transmettant de génération en génération, ils accolent leurs maisons les unes aux autres, économisant les murs-pignons et donnant cet habitat en « barre » très caractéristique.

La menardais Habitat en “barre” à la Ménardais (1985)
fenêtre L Mén
Quand la pierre est trop coûteuse ils se penchent sur le sol alentour pour en tirer la terre facile à mettre en œuvre : de la glaise bien molle mélangée à de la paille ou des résidus de « guinche » hachés (méthode dite de la bauge) et voilà la terre prête à être posée sur le solin de pierre à l’état brut ou en petites briques séchées au soleil. Sur la façade, rapidement enduite d’un mortier de chaux, la proportion de granit et de terre est un indicateur plus sûr de la richesse du propriétaire que la hauteur du tas de fumier au bord de la rue. Dans ces maisons aux murs fragiles ce qui frappe c’est l’importance des pleins par rapport aux vides. La façade principale, orientée au sud souffre une porte et, pas trop loin, une fenêtre au module très ramassé. L’accès au grenier se fait par une lucarne à laquelle on accède par une échelle.
Les bâtiments annexes (remises, étables, soues à cochons, caves…), comme c’est le cas de celui de La Forge, font la part belle à la terre. L’édifice repose sur un soubassement constitué d’un appareillage de granit ou de schiste. Le solin a une double fonction ; il constitue l’assise des murs et protège le bâti de l’humidité. La encore sa hauteur dépend de la richesse du propriétaire. Néanmoins la maçonnerie peut monter jusqu’au linteau des ouvertures assurant la solidité de l’ensemble des percements, protégeant ainsi de l’usure due aux passages fréquents. Pour les étables, le solin est systématiquement plus élevé car exposé aux chocs et aux déjections animales. Généralement il n’y a que deux ouvertures : la porte et, à l’opposé, un œil-de-bœuf cerné de bois pour assurer la ventilation du lieu.
local forge porte local forge toiture
Le temps a fait son œuvre dénudant les murs de terre où l'on retrouve des résidus de paille hachés
Les édifices en terre ont progressivement disparu de la commune à partir des années 1880. L’action de la pluie et du vent ont bien sûr altéré les murs mais, à une époque où le progrès pénètre les campagnes, ces modestes constructions témoignent d’un archaïsme et d’une pauvreté que l’on veut oublier : vive la pierre, la tôle puis le béton. La mort accidentelle du dernier forgeron de la Poste de Gesvres a plongé La Forge dans une longue léthargie permettant à son annexe de fêter cette année ses 250 ans. Cela mérite bien un toilettage.
Forge HubertLe forgeron-maréchal-ferrant Marcel Hubert au travail dans les années 1960
La restauration
Lors de la construction de logements dans le voisinage, la municipalité et l’association « Treillières au fil du temps » ont souhaité sauvegarder cet élément du patrimoine qui se dégradait.
Au nom de l’association Serge Libot s’est saisi du dossier et a lancé un processus de restauration qui devrait aboutir en juillet prochain. Les principes qui ont guidé les acteurs de cette restauration sont les suivants :
- sensibiliser la population à la nécessité de préserver le patrimoine en tant que composante de l’identité de la commune.
- valoriser l’histoire et le patrimoine local,
- permettre aux jeunes de la commune de s’approprier leur patrimoine en faisant participer les scolaires à la restauration
- créer du lien social et des liens intergénérationnels autour d'un travail réalisé en commun.
Cette restauration se fera sous la conduite d’une association chevronnée, basée à Rennes, « Tiez-Breiz Maisons et paysages de Bretagne » qui a pour objectifs généraux de participer à la connaissance et à la sauvegarde du patrimoine bâti breton et son intégration dans les paysages, ainsi qu'à la transmission des savoir-faire.
Témoin du passé de la commune le petit édifice de La Forge une fois restauré pourra devenir un outil pédagogique, une invitation à la promenade, point de départ d’un parcours balisé et expliqué à travers le bourg et son histoire car il a beaucoup à nous dire sur lui-même, comme on vient de le lire, mais aussi sur nous-mêmes.
Malgré son âge et sa modestie il parle avec force du passé et de l’avenir. Il raconte à sa façon ce qui fut un drame pour Treillières : le détournement de la route Nantes-Rennes qui en s’éloignant du bourg a plongé celui-ci dans l’atonie privant la commune d’un chef-lieu digne de ce nom. A partir de 1790 Treillières devient une commune bicéphale : la fonction politique (mairie) et une bonne partie de la fonction commerciale s’installe à Gesvres et peu à peu le long de la route de Rennes ne laissant au bourg que la fonction religieuse (l’église). La première école construite fuit le bourg pour s’installer dans la lande à mi-chemin entre église et mairie-auberge. Jusqu’en 1962 le bourg ne sera pas la principale agglomération de la commune. De cette situation étonnante va découler un esprit particulier fait certes d’une grande autonomie villageoise (mais au détriment parfois du développement économique local) et d’un repli sur un minuscule univers suffisant qui entretiendra très longtemps un sentiment de méfiance vis-à-vis du monde dont la rumeur parvient pourtant de la ville voisine.
Voilà ce que nous raconte la petite annexe de La Forge pour que, connaissant mieux notre passé avec ses atouts et ses faiblesses, nous soyons plus forts pour vivre le présent et préparer l’avenir.
Et c’est vers l’avenir que TAFDT veut maintenant se tourner. Lui redonner vie c’est d’abord ouvrir la restauration aux habitants volontaires motivés par la connaissance de techniques anciennes ou le simple coup de main. La transmission des savoir-faire passe par l’appropriation par les particuliers de techniques anciennes à même d’être réutilisées dans des rénovations locales de villages ou chez les particuliers.
Réhabilité le petit édifice de La Forge pourra servir aux logements attenants ou à la collectivité. Alors refaisons-lui une beauté pour célébrer son quart de millénaire.
Jean Bourgeon

22 avril 2009

l'Histoire de la Forge de la Poste de Gesvres

Journal Ouest-France du 22/04/2009Edition : Nantes Nord - Rubrique : Treillières


Le bâtiment de la forge, tel qu'il apparaissait au carrefour de la Poste
des Gesvres, il y a encore quelques semaines.

Un programme de logements sociaux est en cours de réalisation sur le site de l'ancienne forge de la Poste de Gesvres. Sept pavillons neufs y sont construits. Le bâtiment de la forge sera lui-même réhabilité en deux logements supplémentaires. Ce projet est confié à l'Opac (Office public aménagement construction de Loire-Atlantique).
Connue par les Treilliérains sous le nom de « forge à Hubert », la bâtisse actuelle fut aussi dénommée « la maison de la sellerie ». L'historien Jean Bourgeon en a retrouvé trace dans les archives. L'abbé Denis Renaud, vicaire et recteur de Treillières au XVIIIe siècle, note dans un registre de baptêmes, à la fin de l'année 1762 : « Fut bâtie la maison qui est proche de la poste (relais), du côté du bourg, nommée la sellerie... »
Précisons que le lieu-dit la Poste de Gesvres doit son nom au relais de la poste aux chevaux qui s'y trouvait alors. Le bâtiment existe toujours, de l'autre côté de la route, en face la forge. S'y arrêtaient les diligences en transit de Nantes à Rennes.
Dans les registres paroissiaux, il est fait mention pour la première fois de ce relais en 1741. Vers 1803, le relais fut transféré en haut de la côte de Gesvres (actuel restaurant Le Moulin Blanc). L'activité cessa à la fin du XIXe siècle, avec l'arrivée du train et de l'automobile.
Quoi qu'il en soit, tout ce trafic équestre autour du relais de la Poste de Gesvres nécessitait bien la présence d'un maréchal-ferrant. On les appelait aussi forgerons ou taillandiers, car une grande partie de leur travail consistait à fabriquer ou réparer des outils, notamment pour les agriculteurs.
Le premier maréchal-ferrant connu à la Poste de Gesvres s'appelait Jean Jolivet (1777). Grégoire Busson (1786), Mathurin Clouet (1836) et Jean Robert (1865) lui succédèrent. À partir de 1863, la famille Hubert se transmit la fonction de père en fils.
Le dernier maréchal, Marcel Hubert, disparut tragiquement en 1977, fauché par un véhicule en face de son atelier. Après sa disparition, la forge fut successivement occupée par une exposition d'artisans, une brocante et un atelier d'informatique. Rachetée par la commune, elle servit jusqu'à ces derniers temps d'entrepôt pour des associations. Jouxtant le bâtiment : un modeste appentis - datant probablement du XVIIIe siècle - présente un intérêt indéniable : base des murs en granit, surélevée en mortier de terre.
Paul Gérard fut le dernier maréchal-Ferrant de la commune et il s'installa, après avoir quitté la Forge dans un bâtiment à la Belle-Etoile.